L’acupuncture: une médecine réelle basée sur l’anatomie et la physiologie

L’acupuncture: une médecine réelle basée sur l’anatomie et la physiologie

Que diriez-vous si je vous disais que la médecine chinoise traditionnelle, ce n’est pas une invention ésotérique, une médecine de l’énergie ou une supercherie? Loin de là, l’acupuncture est basée sur les mêmes principes que la médecine occidentale, soit  l’anatomie et la physiologie.

Cet article est basé d’une traduction autorisée de l’auteure Katherine Altneu.

L’histoire de la médecine chinoise

Si vous avez déjà rencontré un acupuncteur, vous avez probablement entendu ce genre d’explication: l’acupuncture travaille avec une énergie mystérieuse appelée le QI. Cette énergie se transmet dans votre corps et circule à travers des méridiens invisibles. C’est lorsque les méridiens sont bloqués et que le courant du QI ne passe pas dans le corps que les maladies surviennent. En effet, l’importance de l’acupuncture est de promouvoir le courant approprié du QI dans vos méridiens pour aider votre santé. Évidemment, ce concept est difficile à accepter pour les médecins et les patients habitués à la médecine en Amérique du Nord.

Ce modèle «d’énergie» est basé sur la médecine chinoise aux États-Unis, il est non seulement incompatible avec notre compréhension de la science moderne, mais aussi complètement incompatible avec la théorie médicale chinoise classique. Cette même médecine pratiquée depuis qu’elle a commencé il y a 3000 ans en Chine.

 

La médecine chinoise est fondée sur l’anatomie et la physiologie

Les Chinois effectuaient des dissections humaines détaillées, et ce 500 ans avant la naissance de Jésus (à un moment où les médecins occidentaux pensaient que le corps était composé d’humeurs et d’émotions). Ces dissections ont aidé les médecins chinois à découvrir le phénomène de la circulation sanguine continue, et ce 2000 ans avant sa découverte en Occident. La découverte de la circulation sanguine est toujours considérée comme l’événement le plus important dans l’histoire de la médecine. L’origine de la médecine chinoise remonte à environ 6000 av. J.-C., au cours de l’ère néolithique. Voilà donc 8000 ans d’utilisation ininterrompue. Pour mettre le tout en perspective, la médecine occidentale qu’on utilise aujourd’hui a été inventée au Moyen-Âge. Cette médecine reconnue par la population mondiale date de seulement 700 ans. Mais, il faut dire qu’elle a grandement évolué. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’alternatives en médecine pour certains maux et problèmes de santé. Pensez-vous que la médecine chinoise aurait survécu pendant plus de 3000 ans, en se propageant dans tous les coins du globe si elle n’était pas reconnue et testée, des millions de fois, avec de très bons résultats?

Une grande partie de ce que nous savons à propos de la médecine chinoise vient d’un livre appelé le Huangdi Neijing (HDNJ), un classique écrit il y a environ 2000 ans. Le HDNJ est un texte encyclopédique colossal sur la médecine chinoise.

Le HDNJ avait plusieurs sections. L’une d’elles se basait sur l’anatomie. Comme c’est mentionné plus haut, les Chinois effectuaient des dissections détaillées dans lesquelles ils répertoriaient le poids moyen, le volume et les mesures de tous les organes internes du corps humain. Ils ont nommé les organes et décrit leurs fonctions dans cet ancien dialecte chinois. Ils savaient que le cœur était l’organe qui pompait le sang à travers le corps, et ce il y a plus de 2000 ans. Cette trouvaille a été découverte par la médecine occidentale seulement au début du 16e siècle. Ils savaient aussi que certains vaisseaux sanguins venaient du cœur, et les autres allaient vers le cœur. Ils connaissaient et comprenaient aussi que certains vaisseaux sanguins amenaient le sang aux différents organes.

Le HDNJ avait aussi des sections détaillées sur la pathologie. Une description complète du développement des maladies et la façon de traiter ces maladies avec l’acupuncture, la phytothérapie, le massage, les changements alimentaires et le mode vie. Bref, les Chinois pratiquaient la médecine préventive 2500 ans avant que le terme ait même été inventé. Une longueur d’avance sur les autres pays d’Asie, en temps de guerre, pour soigner les soldats et la population.

 

La traduction, la grande erreur du HDNJ

Voici le problème! Le HDNJ est écrit dans un dialecte chinois inutilisé en Chine depuis plus de mille ans. Pendant que la médecine occidentale continuait son évolution, différents Occidentaux ont tenté de traduire cette encyclopédie médicale. La traduction qui est devenue la source de tous les manuels utilisés dans par la médecine chinoise en Occident a été écrite Georges Soulie de Morant. Un employé d’une banque française a vécu en Chine de 1901 à 1917. Il était tombé amoureux avec la culture et la philosophie chinoise à un très jeune âge. Puis, il est devenu intéressé par la médecine chinoise pendant son séjour. Il a décidé de traduire le HDNJ, en dépit du fait qu’il n’a pas de formation médicale, ni aucune formation dans l’ancienne langue chinoise.

Après son séjour en Chine, de Morant est revenu en France avec l’intention d’enseigner la médecine chinoise aux médecins français. Un défi difficile! Après tout, c’était un employé de banque, pas un médecin. Cet homme n’avait aucune formation médicale ni de qualifications pour enseigner la médecine aux médecins! Mais de Morant connaissant très bien l’Ayurveda, la médecine indienne traditionnelle basée sur une énergie appelée «prana», de Morant a appliqué ces concepts à la médecine chinoise, même si elles ne sont pas dans le Huangdi Neijing (HDNJ) ou tout autre texte médical classique chinois. C’est de là qu’est venu la notion de «QI» l’énergie qui coule à travers les «méridiens».

De toute évidence, c’était un énorme défi pour un employé de banque en France, de traduire un texte médical âgé de 2000 ans, écrit dans un dialecte chinois. Dans les circonstances, il a fait très bien. Hélas, il a aussi fait d’énormes erreurs de traduction qui ont eu de graves conséquences sur la façon dont la médecine chinoise a été interprétée en Occident.

Les vrais concepts de la médecine chinoise

Les vrais concepts de la médecine chinoise fonctionnent selon les principes physiologiques connus, ceci implique l’organisation complexe des neurones, des vasculaires et du système endocrinien. De plus, la médecine chinoise et l’acupuncture se basent sur les systèmes somatiques, soutenus par la circulation des éléments nutritifs, des substances vitales, et l’oxygène.

Paul Unschuld, a respecté les études chinoises sachant que le concept chinois du QI n’a aucune ressemblance avec le concept occidental de «l’énergie». Schnorrenberger, un autre éminent spécialiste de la médecine chinoise, note aussi que le QI est «certainement pas l’équivalent du terme occidental énergie».

De Morant a lui-même admis que sa traduction de QI par énergie était mauvaise. Il a utilisé le mot énergie «par manque d’un meilleur mot.»

Alors quels sont les concepts fondamentaux authentiques de la médecine chinoise, si ce mot «énergie» est manifestement erroné? Dans le Huangdi Neijing, les Chinois décrivent la respiration des poumons dans ce qu’ils appellent le «DA QI». Si vous regardez le mot QI dans un dictionnaire chinois, vous verrez qu’il est défini comme «grand air». Les Chinois ont expliqué que les poumons respiraient de l’air en extrayant du QI. Si vous regardez QI dans un dictionnaire chinois, il y a dix définitions, mais pas une seule d’entre elles ne parle d’énergie. QI est définie comme la vapeur vitale, l’air ou l’essence de l’air.

 

Les origines de l’oxygène

Bien sûr, les Chinois n’avaient pas identifié la molécule de l’oxygène il y a 2000 ans. Ils ne possédaient pas la technologie pour cela. Mais ils comprenaient que nous extrayons quelque chose d’essentiel dans l’air que nous respirions. Ils savaient que notre respiration circulait dans notre corps pour soutenir les processus physiologiques. Par conséquent, la traduction la plus proche du QI dans un contexte médical moderne n’est pas d’énergie, mais bien l’oxygène.

Les Chinois ont également décrit comment cet oxygène (QI) circule dans notre corps: par le sang. Ils savaient déjà comment le sang circulait dans les vaisseaux sanguins et le système vasculaire. Bien que l’énergie ne peut pas circuler dans le sang, le potentiel de l’énergie est transporté à travers le système cardiovasculaire, sous la forme d’oxygène et de glucose.

Le mot chinois utilisé pour «vaisseau» dans le HDNJ est «mai». «Xue mai» est la traduction de vaisseau sanguin (xue = sang). De Morant avait mal traduit le mot «Mai», il croyait qu’en français il signifiait «méridien». Il a fait cela en dépit du fait qu’il n’y avait pas de mot pour méridien dans l’ancienne langue chinoise.

La traduction du mot point par de Morant est «jie». La bonne traduction de jie est pourtant nœud, un nœud neuro-vasculaire. La recherche moderne a démontré que les nœuds neurovasculaires (points d’acupuncture) contiennent une concentration élevée de fibres sensorielles, de fins vaisseaux sanguins et de vaisseaux lymphatiques. Ces nœuds sont distribués le long des voies longitudinales du corps où les vaisseaux sanguins alimentent les capillaires et les vaisseaux fins. La couche cornée de la peau dans ces zones est légèrement plus mince avec une résistance électrique plus faible. Ils contiennent également des nerfs sensoriels et des vaisseaux sanguins avec des mastocytes séquestrés.

Lorsque les termes QI (oxygène), mai (navire) et jie (nœud neuro-vasculaire) sont correctement traduits, il devient clair qu’il n’y a plus de désaccord entre l’ancienne théorie médicale chinoise et les principes contemporains de l’anatomie et de la physiologie. La médecine chinoise n’est pas une médecine énergétique ou métaphysique. La médecine chinoise est consacrée à la bonne circulation de l’oxygène et du sang à travers le système vasculaire.

Si vous avez toujours des interrogations à la suite de votre lecture, n’hésitez pas à nous contacter dès maintenant. Il nous fera toujours un grand plaisir de répondre à vos questions.

 

Références

  • Unschuld, PU. Huang Di Nei Jing Su Wen: Nature, Knowledge, Imagery in Ancient Chinese Medical Text. Berkeley. University of California Press. 2003
  • Schnorrenberger, CC. Morphological foundations of acupuncture : an anatomical nomenclature of acupuncture structures. BMAS Acupuncture in Medicine, 1996. Nov. ; 14 (3) : 89-103
  • Soulie de Morant, Georges. L’Acupuncture chinoise. Tome I L’ energie(Points, Meridians, Circulation). Mercure de France, 1939 (French)
  • Unschuld, PU. Huang Di Nei Jing Su Wen: Nature, Knowledge, Imagery in Ancient Chinese Medical Text. Berkeley. University of California Press, 2003.
  • Kendall, Donald. The Dao of Chinese Medicine. Oxford University Press, 2002.

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